Pourquoi avons nous toujours besoin de consommer plus ?

 

Parce que nous craignions de manquer ?

Il n’est peut être pas anodin de constater que notre société de consommation s’est installée en Europe à l’issue d’une période de rationnement. Les consommateurs d’hier pour la frange 25 à 50 ans et d’aujourd’hui pour la majorité des retraités ont forgés l’expression d’un besoin de diversité, de choix voire de profusion.

Les indicateurs de progrès ont longtemps été mesurés par cette diversité et le choix apparent présentés aux consommateurs.

Il semblait évident, hier, qu’une société évoluées devait affichée cette profusion.

L’évidence qui nous est aujourd’hui jeté à la figure, ce sont nos poubelles qui débordent de toute part ; conséquence inéluctable de ce processus.

Il faudrait 2 planètes comme la nôtre si tous les pays du monde avait un mode de vie comparable à la France.

Parce qu’il faut consommer pour soutenir l’économie ?

L’indicateur de santé international par excellence est le PIB d’un pays. Le Produit Intérieur Brut calcule l’ensemble des richesses créées par ce pays, c’est à dire la somme des valeurs ajoutées ou encore le total des productions (y compris les plus nuisibles).

La balance du commerce extérieur et l’inflation sont les 2 autres indicateurs suivis par les économistes pour juger de l’évolution d’un pays.

Nous ne voyons ici que de pures données quantitatives que l’on peut résumer par « produisez le plus possible » en « maintenant les prix » et vous serez considéré comme un pays développé.

Les bases des modes de calcul du fameux PIB ont été établi entre les 2 guerres et l’on perçoit combien le bolide effréné des pays développés muni de ce seul indicateur sur leur tableau de bord mène tout droit aux excès actuels.

Quelques socio-économistes tentent depuis quelques années de constituer d’autres outils prenant en compte les aspects qualitatifs de la vie.

 

 

 









 

En attendant, nous sommes toujours dans un cercle vicieux où les gouvernants freinent l’inflation de peur d’atteindre le moral des ménages lesquels pourraient freiner leur boulimie consuméristes.

Parce que nos désirs primaires sont mal assouvis ?

Selon Abraham Masslow, nos désirs fonctionnent sur la nécessité d’assouvir des besoins dans un ordre de priorité. Si, par essence, ces besoins n’appellent par forcément l’achat de biens, on constatera qu’à chaque niveau, notre société de consommation a su donner une réponse matérielle à chacun de nos désirs.

Et plus la réponse est d’ordre matériel, plus notre quête vers le niveau le plus élevé semble se compliquer et ressembler à une escalade munie de semelles de plomb. Un moine bouddhiste qui gère avec parcimonie ses besoins physiologiques semble atteindre plus facilement l’accomplissement de son être que le boulimique au bord de l’ulcère qui n’atteindra sans doute plus le second niveau.

Notre société nous donne régulièrement les moyens de répondre à nos désirs munie d’un caddie bien chargé et de notre carte de crédit.

Les besoins physiologiques de base sont depuis longtemps comblés. Nous n’avons plus faim, ni soif, ni froid et ceux pour lesquels

c’est le cas, sont rapidement exclu du système. Ces besoins physiologiques sont ils bien gérés ? l’on peut en douter si l’on constate l’augmentation constante de l’obésité.

Les besoins de sécurités et d’affection trouvent aussi réponse dans notre société sous forme de biens de consommation. Vous avez besoin de sécurité ? Achetez une voiture ! l’essentiel des arguments autour de l’automobile tournent autour du cocon que vous tisserez sur votre ego de mère de famille ou d’aventurier, de conquérant, de patriarche. Vous avez besoin d’affection ? Commencez par vous même, on est jamais si bien servi que par soi même. Aimez vous, achetez une nouvelle robe, un nouvel ordinateur, faîtes vous plaisir.

Faudra t’il valoriser l’immatériel comme l’amour ou la compassion pour qu’une société puisse assumer son expansion et offrir au plus grand nombre d’autres voies que la consommation pour combler leurs désirs ?

Parce que les grandes marques nous conditionnent.

Et le terme de conditionnement n’est plus trop fort quand on s’aperçoit des perfectionnements des méthodes du marketing destinées à nous diriger vers la caisse des hypermarchés.

Le 14 octobre 2004, des chercheurs américains décrivaient dans la revue Neuron la réaction d’individus à qui l’on proposait du Coca Cola et du Pepsi Cola. Lors du test à l’aveugle même les plus aficionados ne peuvent les distinguer. Par contre, L’étude sous IRM du cerveau des mêmes individus à qui l’on apprend qu’il boit sa boisson préférée montre des activités spécifiques dans des zones habituellement appliquées à des références culturelles

Ces examens ont ensuite été interdit (officiellement) de crainte des conséquences liées à la capacité des industries à exploiter ses résultats.

 

 

 









Dans un ouvrage, intitulé « Les dirigeants face au changement », Patrick Lelay, PDG de TF1 déclarait « Le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. ». en précisant : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. ».

Et nombreux sont les acteurs à se donner la main pour un conditionnement bien maîtrisé. Les espaces publicitaires ont lancés depuis longtemps une campagne d’envahissement de nos sens.

Quand l’ouïe est submergée de slogans, de jingles de musiques cadencées au rythmes de la consommation effrénée ; quand la vue est constamment occupée par des images publicitaires sur papier de presse, sur panneaux de toute part en zone urbaine, sur les écrans ; quand notre odorat se laisse déjà berner par de fausses odeurs de boulangerie ou de frais ; notre cerveau lui enregistre et se tient prêt à donner ses ordres lorsque nous pousserons le caddie.

L’espace publicitaire envahie tous les espaces : la culture ; les films sont partiellement aujourd’hui et intégralement demain financés par des marques glissés dans de nombreuses scènes ; internet ne vie que de ce mariage impur ; la presse écrite et radiophonique ne trouve pas d’échappatoire. Même notre sommeil est sous contrôle si tenté que l’on est pris soin de regarder la télévision avant de se coucher.

Parce qu’il est plus facile de consommer plus que mieux.

Quantité va rarement de pair avec qualité. S’il fallait consacrer le temps nécessaire à une consommation éclairée ne serait ce que pour notre alimentation, nous dépenserions certainement moins.

Il est plus facile d’attirer notre attention avec des boni de toute nature, 20% en plus gratuit, un paquet gratuit pour l’achat de 6 ou la version la plus récente des tickets qui vous permettent de revenir dépenser plus à une prochaine occasion.

 









 
 
 

L’alternative n’est il pas d’exiger une information complète, honnête et contrôlée sur les produits quant à leur origine, leur mode de fabrication ou de culture ?

 
     

 

voir aussi :

comment notre pouvoir d'achat est il manipulé ?

la grande distributrion en image

 

article rédigé par Philippe le 10 Août 2005 - www.ethicnews.org




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